Né le 28 février 1947 à Laval - Mayenne - France
Petite enfance en Bretagne
Scolarisé à la Campagne jusqu'à l'âge de 14 ans

Apprend la photographie qu'il pratique de 1965 à 1972
Styliste et peintre de 1972 à 1980
Peintre pour toujours

Principales expositions

1977 • Exposition de groupe au Centre Georges Pompidou sous la houlette de Maître Pierre Cornette de Saint Cyr

1978 • Vente d'Art Contemporain à l'Hôtel Drouot par Maître Cornette de Saint Cyr. Participe à une importante vente au profit de la lutte contre le cancer à l'Hôtel Drouot à Paris. Vente d'Art Contemporain à l'Espace Cardin par Maître Boisgirard.

1981 • Générique pour les chaînes de télévision: TF1 et Antenne 2, pour présenter des émissions de "Rock and roll".

1981 à 1987 • Paul Jacquette travaille à de nouvelles techniques et vend à des particuliers, amateurs de ses oeuvres. Vente de la Collection du Prince Murat à l'Hôtel Drouot par Maîtres Binoche & Godeau.

1989 • Exposition d'Art Contemporain à la Fondation "Colégio del Rey", Alcala de Hénarés, Espagne

1990 • Exposition à la Fondation "Colégio del Rey", Alcala de Hénarés, Espagne. Octobre, exposition chez D.Vachon, Paris. Thème "Tziganes". Octobre, vente Hôtel Drouot - Paris, par Maître Morand

1991 • Expositions chez Walter & Fournier, Galerie VÖLEGERS, Galerie DIFFERENCES, rue du Roi Doré, Paris. Octobre, "A STUDIO WITH A VIEW", 450 West 31 Street, New York, USA

1992 • Décembre Galerie ART & CRAFTS "CLAUDE ANDRÉ", 273, Chaussée Charleroi, Bruxelles, Belgique

1993 • Novembre/décembre, STARDOM GALLERY - Thème Edward Hopper. 2, rue Voltaire, Paris

 

1994 • Novembre, Galerie "CLAUDE ANDRÉ", 273, Chaussée Charleroi, Bruxelles, Belgique

1995/96 • Mai, SNC. MONTAIGNE, 52, Avenue Montaigne, Paris

1998 • Commande de l'éditeur de José Corti Editions Divers mobiliers et décors

1999 • Show-Room ECART INTERNATIONAL, 111, rue Saint-Antoine, Paris. Exposition d'oeuvres récentes et rétrospective partielle au musée: Villa Médicis de Saint Maur des Fossés (94) Du 12 juin au 10 octobre 1999

2000 • Février à juin : Villa Medicis, La Varenne Saint Hilaire (94) France. Juin à octobre : Espace Exposition Dexia Banque Privée Paris

2000 à 2006 • Une dizaine d'expositions chez un mécène ami. Commande de la Mairie de Saint-Maur, réalisation de 11 fresques murales. Travaille actuellement avec un décorateur et une clientèle étrangère.

2001 • Exposition Galerie Syboni, Places des Vosges, Paris

2005 • Exposition MJC Nogent s/ Marne, Val de Marne

Juin 2006 • Exposition rétrospective, chez Dominique Vachon, Gentilly, Val de Marne

Mai-Juin 2006 • Exposition à Jeddah, Arabie-Saoudite

 

Aujourd'hui, on enseigne aux Beaux-Arts que la peinture est proscrite, à moins d'en faire un usage "subversif", dans une perspective "dépoussiérante", mais nous trouvons néanmoins un peu plus en aval de Nogent, en descendant la Marne, une oasis créée par le regard caressant de Paul Jacquette.

Les professeurs précisent aux Beaux-Arts que le but de l'étudiant est "d'apprendre à se mettre en scène", mais Paul Jacquette nous donne à sentir la chaleur de la peau sous les doigts et il nous gorge de la moiteur de la terre.

Aujourd'hui, aux beaux arts, l'injonction est : "soyez subversif", ou bien "désobéissez-moi" ou "soyez libres, faites de l'art contemporain", mais Paul Jacquette nous murmure, tout en douceur, la phrase de Stendhal "le voisinage de la mer détruit la petitesse", car sa peinture, comme toute peinture authentique, possède ce pouvoir d'évocation qui transcende le motif et la manière, elle nous dit, cette peinture, qu'il est mauvais pour un artiste de se mêler de ce qu'il ne comprend pas ; seuls les imbéciles et les charlatans comprennent et savent tout. Son souci n'est pas de trouver des solutions aux problèmes du monde mais de poser des questions de manière correcte : dans quel monde vivons-nous ?

L'artiste n'est un juge ni de ses personnages ni de ce qu'ils disent mais seulement un témoin. Ce sera nous le public, les jurés, qui auront à juger. Son affaire à lui, Paul Jacquette, c'est d'avoir du temps, autrement dit de savoir distinguer les témoignages importants de ceux qui ne le sont pas, de savoir régler l'éclairage de ses héros et de savoir parler leur langue. Car il connaît, lui, Paul Jacquette, un certain milieu qu'il revendique comme étant le sien. Et il en a vu, lui, des regards de toutes sortes, certains vides, paresseux, ignards, ou ennuyeux ! Il est méfiant envers ces gens là ; cependant il a aussi une certaine tendresse et il accorde sa confiance sans condition.

Paul Jacquette s'en sort plus que bien dans la lutte avec la vie, car son parcours n'est pas lisse. Il passe par la photographie, le stylisme et l'hyperréalisme qui n'ont fait que le rapprocher de ce qu'il est aujourd'hui : un peintre de toujours. Paul Jacquette a rompu avec l'impératif universel du mode de production culturelle ambiant où l'important c'est de pratiquer la "disjonction", il a conçu son propre langage plastique. En prenant comme "parrain" à divers moment, un Dufy ou un Staël, il confirme la règle que nous venons tous de quelquepart à contrario des générations spontanées qui prétendent surgir dans l'Histoire et nous détourne de la complexité poétique et narrative.

Paul Jacquette, ayant tout l'unvers à sa disposition, peut indifféremment se concentrer sur un détail en quelques touches de pinceau, ou s'élargir aux plus vastes dimensions. Notre nature humaine est tentée par deux pièges diaboliques... Le diable est multiforme, c'est connu, il est "légion". L'un nous offre la tentation du perpétuel renouvellement, l'autre celle d'une éternelle fixité. Paul Jacquette a édifié une image du monde qui lui permet tout d'abord de s'y diriger ; elle devient ainsi un seuil, nous invite à passer dans un univers, le reflet de son histoire.

Elle porte la présence de sa marque et avant tout le sens de l'humain, une expérience nuancée de la vie dans une société qui manque souvent de sociabilité, nous prémunit contre les options simplistes. C'est à la vie de l'art que nous assistons, recouverte des couleurs de chaque jour.

Paul Jacquette a mis cinquante ans pour arriver à cette peinture qu'il nous montre aujourd'hui. Elle renoue avec une certaine insouciance que nous avions oubliée depuis le temps des impressionnistes. Elle met en scène des gens qu'il connaît bien, jusqu'à leurs pensées et les paroles. Il y a des titres comme : "Tiens, c'est le René qui rentre" ou "Ne te retourne pas, ça fait quinze fois qu'il passe, Casquette Rouge" ou "Papa arrête la contrebasse, tu vois pas que j'habille le petit ?". Ce sont des instantanés très Tchékhoviens de la vie, dont les significations sont sécrétées par des rapports humains qu'il se borne à suggérer. Rien ne passe sans laisser de trace, toute action a une influence sur la vie présente et future.

Sous les artifices se dissimule une vie profonde dans l'inextricable complexité de laquelle les hommes fréquemment sont emportés à la dérive. A travers celle-ci, Paul Jacquette nous sert de merveilleux interprète et de guide.

Ces dernières décénnies, non que la peinture ait disparue, mais le monde de l'art avait le regard ailleurs : on ne jurait que par la photographie, la vidéo, et autres installations. Mais la peinture est pugnace et les collectionneurs se laissent convaincre par son retour en force, car le marché de l'art, comme d'autres marchés du luxe et de la culture a besoin de créer la sensation de nouveauté pour stimuler toujours la demande.

Ce marché est économique mais aussi intellectuel. Le monde de l'art doit faire savoir à son public que l'art a quelque chose de nouveau à dire. Mais, si le monde de l'art a un besoin maladif de nouveauté, pourquoi cherche-t-il à remmettre en vogue quelque chose d'aussi ancien et d'aussi familier ? Parce que l'art pictural, dont l'histoire et l'évolution récentes sont bien plus complexes et bien plus riches que ce que l'on a généralement laissé percevoir est en réalité florissant. Que cela soit en Europe ou aux Etats-Unis, les artistes ont redécouvert le plaisir de peindre. Le sentiment d'ennui qu'ont pu susciter les formes limitées "nineties" ne suffit pourtant pas à expliquer le retour de @la peinture. Si elle revient aujourd'hui sur le devant de la scène, c'est parce que les reproches théoriques qui lui sont adressés sont vains. Les artistes comme Paul Jacquette reviennent aux grands ressorts de la peinture, à sa capacité à véhiculer une vision de notre monde à travers sa puissance narrative et symbolique.

Face à la photographie et aux "diverses installations", la peinture autorise cette marge d'invention et de maîtrise. Paul Jacquette peint des personnages inventés par lui-même que seule la peinture permet de réaliser. C'est une peinture post-conceptuelle qui a repris confiance en ce qu'elle seule sait faire. Avec jubilation, Paul Jacquette passe du réalisme des mœurs au réalisme symbolique avec une empathie de bonheur communicative.

d'après Tudor Banus (artiste-peintre)


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